Sauvé par Dieu des Flots Mortels

Je ne savais pas nager, nous n'avions pas de canot de sauvetage, et aucun bateau n'était en vue.

Un jour, je trouvai une occasion de mettre Dieu à l'épreuve en transportant un homme d'affaires sur mon bateau des îles San Juan à Port Townsend. Il était athée et commença à se moquer de ma religion. Il savait que j'avais été malade et se vanta de ne jamais l'être: “Si Dieu existe et que vous êtes Son fils, pourquoi ne prend-il pas soin de vous?” me dit-il.

Un peu plus tard, alors qu'on s'apprêtait à rentrer, le moteur du bateau commença à avoir des ratés. Je lui demandai de le piloter pendant que je serais dans la cale pour examiner le problème. J'étais en train d'y travailler quand soudain le bateau heurta un objet, provoquant une brèche à l'intérieur. En quelques instants, nous commençâmes à couler; je lançai à mon passager un gilet de sauvetage, j'en mis un moi-même et nous nous dirigeâmes vers la salle des machines. Il faisait froid quand la première vague s'abattit sur nous, mais Jésus était avec moi. Sa promesse me parvint: “Si tu traverses les eaux . . . ils ne te submergeront point” (Isaïe 43:2). Le bateau ressortit de la vague et tout en levant les mains vers les Cieux, je lançai ces mots: “Gloire à Dieu, Jésus est en moi!”

Je savais que le Seigneur me sortirait de là. J'ignorais comment Il s'y prendrait, mais ça n'avait pas d'importance. Je ne savais pas nager, nous n'avions pas de canot de sauvetage et aucun bateau n'était en vue. “Je suis content que quelqu'un à bord ait la foi,” déclara cet athée. La mer était si forte que nous fûmes presque emportés par les vagues et nous nous mîmes à prier, agrippés à la balustrade du bateau. “Dieu existe, n'est-ce pas?” lui dis-je. Puis il me répondit: “Oui, et si jamais je m'en sors, je vivrai ma vie différemment.”

Tandis qu'il criait: “Seigneur, je ne suis pas prêt à mourir!” moi, le regard levé, je déclarai: “Seigneur, je suis prêt!”

“Nous n'avons plus aucune chance,” me dit mon passager, “la mer se retire et le vent nous pousse au large.” “Je sais,” lui répondis-je, “mais Dieu m'a fait une promesse. Si je m'accroche, je serai poussé vers le rivage.” En quelques minutes, les vagues se cassèrent sur la cabine de pilotage et arrachèrent le pont avant. J'essayais de l'aider à s'attacher à une partie du pont mais l'homme glissa dessous. Je parvins à me maintenir fermement à la rampe et commençai à pagayer avec une planche.

Au bout de six heures dans l'eau, j'échouai sur l'île Whidbey, épuisé, complètement éreinté, mais bien en vie! Je me mis debout et tentai de marcher, mais avec le froid et ce que j'avais enduré c'en était presque trop. J'avais des crampes aux mains et aux jambes et je ne faisais que tomber. Appuyé sur deux bâtons en guise de cane, j'eus bien du mal à faire les cinq kilomètres de rivage jusqu'à une lumière que j'avais aperçue; c'était une cabane de pêcheurs. Ils me donnèrent des vêtements secs et m'offrirent le manger et le coucher.

Le lendemain, le capitaine de la gendarmerie découvrit le corps de mon passager qui gisait près de l'endroit où j'avais échoué. “Vous avez de la chance,” me dit-il, “il y a quelque temps, nous avons ramassé sur cette plage les corps de cinq hommes. Ils avaient réussi à ramper sur les troncs d'arbres et à atteindre le rivage, mais on les a retrouvés morts.” “Dieu m'a sauvé,” lui dis-je.

Le pouvoir de Dieu ne m'était pas inconnu: ma mère était devenue Chrétienne avant ma naissance, et mon père fut sauvé quand j'avais environ quatorze ans. Au cours d'un voyage à travers le pays, mon père s'était agenouillé pour prier, dans un compartiment de train réservé aux fumeurs; quand il se remit debout, il était transformé. Il jeta son tabac par la fenêtre, et, à son retour, il se mit à lire la Bible et à réciter la prière en famille. C'est à partir de ce moment-là que les prières de mes parents m'ont suivi.

Dans ma jeunesse, j'avais choisi les voies que le monde offrait: je passais mon temps dans les salles de billard et dans d'autres lieux de divertissement. J'étais obstiné et n'en faisais qu'à ma tête, mais un jour Dieu me demanda de me repentir. A vingt ans tout juste, Il me parla droit au coeur au cours d'une petite réunion évangélique et me demanda où j'allais passer l'éternité. Je savais que je devrais, debout devant Lui, rendre compte de mes mauvaises actions. J'ai senti ce soir-là, quand l'évangéliste prêchait, que j'étais vraiment au bord de l'éternité, à deux doigts d'être jeté en Enfer.

Je m'agenouillai devant un autel et me mis à prier: “Seigneur, sois miséricordieux envers moi, pêcheur.” En un instant, Il débarrassa mon cœur du péché et, d'une manière admirable, il sauva mon âme. Mon cœur fut envahi par la paix de Dieu. Tous désirs honteux et mauvaises habitudes disparurent aussitôt. Dieu m'ôta les habitudes de blasphémer et changea mon terrible tempérament. Il m'accorda la victoire et la paix. Il m'aida à rendre les objets que j'avais volés et à rembourser mes dettes, alors que j'avais affirmé ne jamais vouloir le faire. Il me donna le pouvoir “d'aller et de ne plus pêcher”.

Le lendemain, je me rendis à mon travail, dans une mine où j'étais électricien. J'entendis un homme jurer; je me retournai, vraiment surpris qu'on puisse blasphémer le nom de Dieu, même si, durant des années, j'avais été un affreux blasphémateur! “Tu as bien changé,” dit une petite voix au fond de mon cœur. Dieu avait opéré dans ma vie une merveilleuse transformation. Cette expérience se prolongea et c'est la raison pour laquelle je n'avais éprouvé aucune crainte le jour de mon accident de bateau.

Je me suis retrouvé maintes fois dans des situations difficiles, au cours de ma vie, mais, Dieu merci! Il a toujours entendu mon appel et y a toujours répondu. Il y a plusieurs années, je suis tombé d'une échelle d'une hauteur de cinq mètres, et me suis cassé le bras en deux endroits. J'avais aussi le coude écrasé et la fracture était telle que le médecin dit qu'il était impossible de le remettre et que je ne pourrais plus jamais le plier. On me mit un plâtre. Deux semaines plus tard, quand je suis retourné pour faire des radios, le médecin déclara, après les avoir examinées, que tout allait bien! En deux semaines Dieu m'avait guéri, moi, un homme de près de soixante douze ans. Depuis, je me suis toujours servi normalement de mon bras. “Même un enfant aurait dû avoir le bras plâtré plus longtemps que cela!” disaient les gens. Le pouvoir de Dieu a permis à mes os de se remettre parfaitement.

Dieu est un Ami qui, au cours des années “est plus attaché qu'un frère.” Je Le remercie de l'espoir merveilleux qu'il a placé dans mon cœur: de Le voir un jour.